Coupables, la nouvelle pépite d’Alexis Bloch

February 26, 2018

(Source : Blog Princesse Acidulée)

Coupables est une pièce bouleversante, finement écrite et mise en scène par Alexis Bloch. La pièce nous invite à observer les retrouvailles d’anciens amants, des amis de longue date. Si le ton est léger, voire badin au début, très vite le dialogue se teinte d’une certaine gravité qui n’aura de cesse de monter crescendo tout au long de la pièce. Si Coupables parle d’homosexualité, de séropositivité, le propos qui se dégage est bien plus large. Le texte parle en effet d’amour, et de responsabilité. Une pièce dont vous vous souviendrez, servie par des comédiens très talentueux dans le cadre intimiste du Théâtre La Croisée des Chemins. 

 

Deux jeunes homos, seuls, à la dérive, confrontés à une situation pas si extraordinaire que ça…Une chambre. Alexandre et Quentin se retrouvent après quelques années. Une fois passé le moment du rapprochement des corps, vient celui des confidences, volontaires ou arrachées. Le début d’une descente aux enfers pour ces deux trentenaires : drogue, maladie, manque affectif… Chacun prend conscience de la situation de l’autre et réalise sa part de culpabilité.

 

Comme à son habitude, Alexis Bloch nous séduit par la fine description des sentiments qui animent ses personnages. Loin d’avoir une vision manichéenne de la situation, il n’y a pas de coupables ou d’innocents. En effet son écriture nous pousse même à nous interroger sur notre propre sentiment de culpabilité de manière globale. Comme le précise l’auteur lui-même, la pièce pourrait tout à fait se nommer Coupables?

 

Tel un puzzle psychologique, la vérité se met en place au fur et à mesure des annonces des différents protagonistes. En même temps que les personnages, le spectateur reconstitue l’histoire au fil des vérités égrenées au compte-gouttes, chacune créant un nouveau conflit avec la situation présente. Coupables est une pièce qu’il conviendrait même de voir deux fois afin de mieux s’imprégner de l’imbrication des vérités les unes aux autres. On retrouve des thèmes chers à Alexis Bloch, tels que l’annonce de la vérité, ainsi que la maladie. Si la pièce est sérieuse de manière intrinsèque, cela n’empêche pas l’auteur d’y glisser des notes d’humour, qui agissent telles des soupapes de décompression. (Mention spéciale pour le jeu de mot sur Jean-Vincent Placé, que je n’avais pas compris. On a la blonde attitude ou on ne l’a pas, et puis voilà). J’ai retrouvé dans cette pièce, la patte Alexis Bloch qui m’avait tant séduite lors de la pièce Entrée, Plat, Dessert.

 

Des comédiens très talentueux

  • Parisien d’adoption depuis 2007, Alexis Bloch (Quentin) travaille d’abord comme archiviste pour le dessinateur Cabu. Puis intègre en 2009 le célèbre Cours Florent, et se spécialise dans l’improvisation. Aujourd’hui, il enseigne au Cours Florent. Il est également professeur d’art dramatique dans une classe d’accueil d’un lycée parisien, à destination d’élèves primo-arrivants non francophones. En 2012, il crée Itiner(r)ances, la compagnie avec laquelle il monte ses spectacles. Il a entre autres, mis en scène Homme et galant homme d’Eduardo de Filippo; Un garçon de chez Véry suivi d’Un jeune homme pressé de Labiche. Ainsi que Feu la mère de Madame, puis Mais n’te promène donc pas toute nue de Feydeau. Il signe également la pièce et la mise en scène d’Entrée, Plat, Dessert, il y interprète aussi un rôle. Coupables est sa dernière création qu’il a écrit et mis en scène.

  • Benjamin Gourvez (Alexandre) interprète son premier rôle en 2004, dans la pièce Esprit, es-tu là?, écrite et mise en scène par Ariane Gilbert. En parallèle du diplôme d’avocat qu’il obtient en 2014, il intègre en 2011 la troupe de La Fabryk  au sein de laquelle il évolue pendant cinq ans. En 2016, il joue dans la pièce Question de générations au Théâtre de Ménilmontant de Paris. En 2017, il est à l’affiche de deux comédies musicales au sein de la troupe Musical Boulevard: Bienvenue en Transylvanie et Rideau ? qu’il joue au Théâtre de Belleville, à Paris.

  • Mahmoud Ktari (Xavier) est animé par une véritable passion pour le théâtre, il est formé pendant 4 ans à l’Atelier Théâtre du Quartier Latin puis durant un an à l’Atelier Théâtre du Voyageur, il concrétise sa passion en intégrant la Cie Icare de Naples et la Cie La Rieuse en 2012. Aujourd’hui, Mahmoud compte à son actif une douzaine de rôles, notamment sous la direction de Patrick Rouzaud, pour lequel il incarne Mucius dans Caligula de Camus (2013), Sganarelle dans Dom Juan ou le festin de Pierre de Molière (2014), Sébastien dans La Nuit des rois de Shakespeare (2015) ou plus récemment Robert dans Trahisons de Pinter (2017).

Ces trois comédiens sont tous très talentueux, disposant d’un large éventail d’émotions. Le spectateur est tantôt ému, tantôt en empathie avec ces personnages que le destin accable. Le Théâtre La Croisée des Chemins est le cadre idéal pour cette pièce, cette scène de vie intime que le spectateur regarde par le trou de la serrure. Ce petit théâtre parisien met à l’honneur divers jeunes talents et a pour but de promouvoir le spectacle vivant, l’on peut y voir de véritables petits chefs-d’oeuvre comme j’ai déjà pu y découvrir Ludwig, et Entrée, Plat, Dessert.

 

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