Babanesspophilpolybabeul… Un bien grand mot adressé aux enfants faisant rimer "croyant et tolérant"

March 1, 2018

(Source : La Revue du Spectacle)

Ils ont sept ans, l'âge de raison, l'âge des questions comme ils disent. Ils sont trois, sont triplés mais n'ont pas les mêmes parents, ils sont triplés parce qu'ils sont inséparables. D'ailleurs, ils n'ont plus de parents.


Le roi Ignas, gouverneur du royaume dans lequel ils vivent, leur a dit que les adultes étaient morts à cause d'une maladie causée par la sorcière Baba. Cette dernière aurait posé trop de questions et serait à l'origine de la disparition du peuple. Oui mais voilà, les triplés aussi se posent plein de questions… 

Ils fuient donc le royaume et s'aventurent dans la forêt. Ils ont un peu peur car dans les bois vit la méchante Baba. Le décor s'organise grâce à une image projetée sur le mur, image évoluant au fil des lieux et des heures du jour représentés. Les dessins nous font penser à ceux de "Princes et Princesses", film d'animation en théâtre d'ombres de Michel Ocelot. Ils suscitent une atmosphère paisible et fantasmagorique, presque féerique. 

Les trois personnages traversent le paysage jusqu'à ce qu'ils aperçoivent un objet qui les interpelle. Il s'agit d'un livre, un livre qui s'adresse à eux. Les jeunes gens ont des tas de questions dont ils aimeraient connaître les réponses et le manuscrit semble tout à fait disposé à leur apporter un certain savoir. Vient alors la question de la religion.


"Babanesspophilpolybabeul" est un spectacle destiné à un jeune public. Aurore Bourgois Demachy met en scène cette écriture collective qui vise à expliquer simplement et clairement les trois religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l'islam. Chacun des enfants, dans une sorte de quête initiatique, va rencontrer une personne croyant à une certaine conception de Dieu ou d'Allah. 

Les trois représentations de la religion mettent en évidence les caractéristiques qui les rassemblent et celles qui les différencient. La prière, par exemple, est commune, même si elle ne prend pas la même forme pour tous. Le spectacle intègre à ce moment deux courts passages chantés par l'interprète Clémentine Lamothe, qui renforcent la beauté et la poésie du texte. Virginie Ruth Joseph est exceptionnelle de candeur et rend son personnage particulièrement attachant. 

 

Les différents protagonistes exposent leur point de vue sans l'imposer, ils expliquent ce qu'est leur religion, pour eux, mais ne la présente pas comme une vérité universelle. Le spectacle laisse le choix de croire en cette chose ou en cette autre, de croire ou de ne pas croire, de ne pas choisir non plus, de seulement accepter le fait que l'on ne peut pas savoir. La visée est à la fois instructive et pédagogique, sur une toile de fond empreinte de lyrisme et ponctuée d'humour.

 

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