Claude :

March 11, 2018

(Source : Ceci n'est pas une critique)

 

Claude, 24 ans, seul en scène, est un être vivant de l’espèce humaine : Homo sapiens, communément appelé homme moderne, « homme », « homme anatomiquement moderne », « humain » ou encore « être humain », autrement dit, une espèce de primates appartenant à la famille des hominidés. Que fait-il ? Où va-t-il ? Qui est-il ? Entre homme, femme, enfant, qu’importe ce qu’il peut être. Claude a des choses à dire… 
 

C’est dans la minuscule salle (à peine plus de trente places) du théâtre « La croisée des chemins » que je m’assois en ce mercredi pluvieux. La perplexité tout d’abord me gagne. Est-ce à cause de l’exiguïté du lieu ? Nous entendons le personnage ou l’acteur faire ses vocalises, se raser, se gargariser, alors que la lumière tournée vers nous nous aveugle. Le spectacle aurait-il déjà commencé ? Mais qu’est-ce que je fais là ? Noir dans le public, Claude arrive, torse nu, tignasse en liberté, seulement vêtu d’un caleçon défraîchi (Augustin Trappenard, sors de mon corps !). Dès l’entrée de Gauthier Ployette sur scène, on a la conviction qu’on ne va pas voir un spectacle comme les autres, parce que le fameux Claude n’est pas comme les autres, même si, par bien des égards, on (je) peut (x) se (me) reconnaître : « Sommes-nous obligés de nous mettre dans des cases ? », telle est la question.

 

Au départ, la pièce intrigue, on a devant nous un drôle d’énergumène avec un phrasé particulier, on ne sait pas trop où on va, ça peut paraitre décousu. Pourtant, passé un petit temps d’adaptation, on se laisse emporter par la qualité d’écriture (pas pompeuse, soignée) et d’interprétation (la voix, le corps, check), par la sincérité de l’entreprise, on sourit (la fameuse empathie) face à son rapport aux parents, à la mère, on s’interroge nous-mêmes (C’est quoi au juste ma vie ? Elle est où ma place ? Bon… ok… ça a un peu fait écho chez moi… et oui, je suis aussi poilu et alors ? Evidemment, il faut avoir vu la pièce pour comprendre la référence à la pilosité).

 

La pièce est très (trop) courte, à peine plus de trente minutes, on aurait envie d’en savoir encore plus sur ce Claude (et pas Michel comme je me l’étais noté dans mon agenda). Mais on ne va pas bouder son plaisir, alors qu’on reproche à certains spectacles d’être bien trop longs.

Axel Ito

 

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