Sang Négrier : glaçant et captivant

March 21, 2018

(Source : Atlantico.fr)

 

Abordant le thème de l'esclavage sous l'angle des maîtres, "Sang Négrier" est un spectacle superbe qui amène à se poser profondément des questions sur la sauvagerie acceptée d'une époque.

 

THÈME

Sous nos yeux, un homme se souvient. Broyé par son passé, il semble perdu, comme devenu fou. Il nous narre son parcours, son poste de capitaine sur le grand Négrier, et cette décision, qui fut fatale, de retourner à Saint Malo, pour y déposer le corps de son prédécesseur mort en cours de route. Il narre cette escale décisive ou cinq esclaves réussirent à s'échapper du bateau, et la terrible chasse à l'homme qui suivit, au cœur même de la ville.Il nous narre la naissance de sa folie, mais aussi celle de tous ceux qui, comme lui dans cette ville, ont traqué sauvagement un évadé devenu proie de toute une population. Son monologue dépeint l'esclavage sous un angle inédit, vu par les yeux de ses instigateurs.

 

POINTS FORTS

• Un texte magnifique, immersif, aussi captivant que glaçant.

• Une mise en scène habile (choix de lumière, décors, musique)

• Une interprétation convaincante, variant les tons avec aisance.

 

POINTS FAIBLES

• Une introduction quelque peu poussive par rapport au reste du récit.

 

EN DEUX MOTS

Sang Négrier a cette immense qualité de se jouer parfaitement des contraintes pratiques. Dans le cadre intimiste d'un minuscule théâtre de quartier-remerciements et félicitations pour leur passion à l'équipe du Théâtre La Croisée des chemins- la metteuse en scène fait fit de l'outrance que pourrait impliquer un récit historique de cette ampleur.À travers ce poignant monologue, Sang Négrier convoque parfaitement notre imaginaire, et nous fait voyager dans l'espace et le temps à la seule force des mots et de l'interprétation. Une pièce captivante qui invite avec talent à nous questionner sur la sauvagerie et la folie d'une époque.

 

UN EXTRAIT

"Et les volontaires étaient toujours plus nombreux? Ils voulaient tous en être. Chasser. Participer à cette nuit où nous avions le droit de tuer, le droit que dis-je, le devoir, pour la sécurité de nos enfants. Toute la ville a aimé cela. Nous avons même prié pour que cela ne prenne pas fin trop vite."

 

L'AUTEUR

Né en 1972, Laurent Gaudé a fait des études de Lettres Modernes et des études théâtrales à Paris. C’est à l’âge de vingt cinq ans, en 1997, qu’il publie sa première pièce, Onysos le furieux, à Théâtre Ouvert. Ce premier texte sera monté en 2000 au Théâtre national de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos. Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres jouée au Studio de la Comédie Française, Combat de Possédés, traduite et joué en Allemagne, puis mise en lecture en anglais au Royal National Théâtre de Londres, Médée Kali joué au Théâtre du Rond Point et Les Sacrifiées...

 

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