Cadres de Vie: un miroir discret et précis de nos comportements

May 25, 2018

(Source : Blog Princesse Acidulée)

Je vous présente aujourd’hui un seule en scène qui m’a particulièrement touchée. Cadres de vie est doté d’une mise en scène inventive et servi par Eloïse Mercier, une comédienne très talentueuse. Ce spectacle, de prime abord drôle et léger, cache une seconde lecture à la fois touchante et intelligente sur un sujet très actuel, le monde du travail et son conformisme agissant comme une chape de plomb contre toute velléité d’originalité. À ne pas manquer, en ce moment, au Théâtre La Croisée des Chemins.


Un seul en scène drôle et poétique

Ça commence comme un roman-photo et puis ça se détraque. C’est une épopée miniature qui parle de la vie, de l’Amour et des Écoles de Commerce. La vie au microscope de deux jeunes cadres dynamiques, vue du haut d’un grand Building de Business. Des cadres qu’ils se fixent et de tout ce qui dépasse. Des cadres qu’on fixe au mur et de tout ce qu’on ne peut pas encadrer. Et soudain c’est la nuit. Et on rêve à tout ce qui aurait pu se passer autrement dans un autre monde, si on avait fait différemment.

 

Eloïse nous transporte, à travers l’histoire d’amour de Patty et de Sam, dans l’univers des écoles de commerce, et plus largement dans celui de l’Entreprise. Formatage (le choix des Playmobil est un choix judicieux), burn-out, douce hypocrisie du monde de l’entreprise (avec l’exemple de la boîte à idées, suggérée, mais de manière impérative). Eloïse nous dresse un portrait habile et acidulé de cet univers impitoyable, tout en sachant prendre une certaine distance, laissant ainsi son public se faire sa propre réflexion.

 

Une seconde lecture sensible et intelligente

Ce seule en scène brillant d’intelligence met aussi l’accent sur les rites de passage, les codes exigés par nos sociétés contemporaines. Tout ce qui fait que l’on s’inscrit dans un monde, à travers la reproduction de ses codes. Chaque monde possède son langage propre, ses normes et son vocabulaire. Sujet qui m’intéresse au plus haut point, car ces rites me donnent l’impression d’étouffer. S’il n’en est pas totalement exempt, je crois que le monde du spectacle est celui qui en a le moins, ou du moins ceux-ci paraissent-ils moins sclérosants, et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles cet univers m’attire autant.

 

L’autre idée sous-jacente de ce superbe et malicieux spectacle est celle du déterminisme, à savoir comment construire sa propre identité à partir de l’exemple que l’on reçoit, le cadre de l’éducation, de la famille. Si ce cadre est bienveillant et structurant, il est parfois bien difficile de s’en soustraire pour savoir qui l’on est vraiment. Loin d’être pessimiste, ce seule en scène offre une vision lumineuse et montre qu’il est toujours possible de changer de cadre de vie, voire même d’en détruire certains pour trouver sa propre identité. 

 

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