Le Défunt : une comédie pour bien commencer la rentrée !

September 12, 2018

(Source : Le petit monde de NatieAK)

 

La rentrée est l'occasion de découvrir les nouvelles programmations artistiques de la capitale. Très fan de théâtre, c'est avec grand plaisir que je me suis rendue au théâtre La croisée des chemins afin d'assister à la générale de la pièce Le Défunt, une comédie de René de Obaldia, tout cela en jetant également un œil sur la programmation de septembre à décembre 2018 du théâtre. C'est parti pour un partage théâtral !
 

Le Défunt est une comédie absurde de René de Obaldia, programmée du 15 septembre au 3 novembre 2018 au théâtre La croisée des chemins. J'ai déjà eu l'occasion de vous présenter plusieurs pièces de ce petit théâtre intimiste : Coupables, Ludwig, Lady Macbeth ou encore Mama Khan, le chant de la terre Lakota. À chaque fois, cela m'a permis de découvrir de petites compagnies qui ne manquent ni de créativité ni de talent !

 

LE DÉFUNT - Une pièce de René Obaldia

 

Pour en revenir à Le Défunt, il s'agit d'une pièce écrite par René de Obaldia, un dramaturge français, mais aussi romancier et poète dont les œuvres ont très souvent un fond humoristique. Le Défunt se trouve dans l'ouvrage Sept impromptus à loisir écrit en 1961. Notons que l'auteur (qui fêtera son 100e anniversaire le 22 octobre 2018) a été élu à l'Académie française en 1999 au fauteuil de Julien Green.

 René de Obaldia   (Crédit photo @by-SA3.0)


Le Défunt a été mis en scène par Patrick Rouzaud qui interprète aussi un rôle en compagnie de Mahmoud Ktari. Cette pièce nous parle de Victor, un homme disparu il y a trois ans dont deux personnes se remémorent le souvenir : Mme Crampon (joué par Patrick Rouzaud) et Julie (joué par Mahmoud Ktari). Les confidences amènent peu à peu à des révélations sous fond d'humour noir. 

 

Une mise en scène audacieuse

 

Le choix des comédiens est audacieux, car dans la majorité des cas, cette pièce est systématiquement jouée par des femmes. Patrick Rouzaud a donc joué la carte de l'humour absurde jusqu'au bout et d'autant plus qu'il sème le doute de part sa mise en scène insolite. Ces femmes, Mme Crampon et Julie, existent-elles vraiment ou sont-elles le fruit de l'imagination de ces deux ouvriers ?

 

↪ Notons que cette pièce est produite par l'association culturelle et théâtrale de la compagnie La croisée des chemins. Cette association créée en 2016, en même temps que le théâtre qui porte son nom, offre une formation artistique tout en mettant en avant des spectacles éclectiques visant à rendre accessible le divertissement théâtral au public.

 

Impressions sur Le Défunt


C'est accompagné de mon binôme Bénédicte du blog Princesse acidulée que je me suis rendue une nouvelle fois dans ce théâtre. Direction le premier rang à quelques centimètres des comédiens. Sur scène, deux chaises occupent le centre de la pièce et sur l'une d'elles, un homme y est installé en tenue de chantier, concentré sur la lecture de son journal. Un deuxième ouvrier entre en scène : ils s'observent et finissent par entamer la conversation... C'est alors que prennent vie Mme Crampon avec son chapeau orné d'oiseaux, et Julie, qui arbore un couvre-chef de veuve avec sa voilette noir. Elles commencent alors à se remémorer le souvenir de Victor, disparu il y a trois ans. Les confidences en entraînent d'autres de plus en plus surprenantes, qui nous dévoilent des aspects très étonnants de la personnalité de Victor...

 

Si vous ne connaissez pas ce texte de René de Obaldia, attendez-vous à un humour noir dont l'absurdité déclenche inévitablement les rires. Je dois dire que je me suis bien régalée par les répliques de l'auteur qui se veulent délirantes pour notre plus grand plaisir !

La mise en scène est donc à l'image de cette pièce auréolée de folie où l'on ne sait pas trop si les personnages féminins sont réels ou imaginaires. Ce qui est étonnant, est la façon dont le texte a été retranscrit sur scène. En effet, le metteur en scène nous montre avec talent qu'un texte absolument identique peut être interprété de bien des façons différentes selon le jeu. C'est ainsi que Le Défunt de René de Obaldia est joué deux fois sur scène. En effet, à la fin de la première interprétation, les deux personnages se donnent de nouveau rendez-vous, mais en jouant deux femmes au trait de caractère aux antipodes de la première version.

 

Il est assez étonnant de constater qu'un même texte peut donner une ambiance radicalement différente. Je ne vais pas vous dévoiler le registre du jeu pour vous laisser la surprise, mais sachez que c'est surprenant. Dans la première version, du fait de la découverte, j'ai eu plus de fou rire devant l’absurdité des révélations, alors que dans la deuxième version, mon attention s'est plus fixée sur le jeu des comédiens, car on ne s'attend pas à quelque chose de si différent. 

 

Un mot sur les comédiens

 

Patrick Rouzaud a le théâtre dans la peau : après une formation au conservatoire d'art dramatique, il se forge une expérience aussi bien dans la mise en scène qu'en tant que comédien. À noter qu'il dirige depuis 1984 la compagnie Icare de Naples. 

 

 

 

 

 

Le comédien qui l'accompagne dans la pièce Le Défunt est Mahmoud Ktari. Formé à l'atelier théâtre du Quartier Latin, il intègre la compagnie Icare de Naples et de Rieuse en 2012. En 2016, il fonde le théâtre La croisée des chemins tout en continuant de jouer dans des pièces de théâtre et ceux depuis 2008. Il s'attaque même à la mise en scène en 2018 dans la pièce L'homme semence. J'avais déjà eu l'occasion de la voir sur scène dans Coupables de Alexis Bloch. 

 

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