Le Défunt : Quand l’absurde oscille entre tragédie et comédie

September 23, 2018

(Source : Princesse Acidulée)

 

Le Défunt est un texte de René de Obaldia qui fait la part belle à l’absurde. Un texte qui demande de grandes qualités d’interprétation. Le metteur en scène (qui est aussi un des comédiens de la pièce), Patrick Rouzaud a pris le parti d’une mise en scène audacieuse, qui donne au texte une portée et un relief des plus passionnants. Le Défunt, c’est aussi l’occasion de retrouver sur scène Mahmoud Ktari, un comédien aussi talentueux que généreux. Une très belle pièce à ne pas manquer, au Théâtre La Croisée des Chemins. 

Un texte absurde et grinçant

 

Deux personnes se retrouvent pour évoquer le souvenir d’un homme décédé trois ans auparavant… Qui était Victor ? Qui sont ces personnes qui revendiquent son amour ? Confidence après confidence, l’oraison annoncée se transforme, de fil en aiguille, en révélations sur la véritable identité du mystérieux défunt, de cet homme si appréciable… À la fois drôle, grinçant et absurde, le texte s’inscrit dans le registre de l’humour noir. Entre comédie et tragédie et derrière une apparente banalité, cette composition donne à voir les reflets de la folie et de l’abomination. Et si tout ceci n’était que duperie ?

 

L’absurdité du texte réside en plusieurs points, tout d’abord, l’on ne sait pas qui est vraiment ce fameux Victor, la date exacte de sa mort… Ce caractère absurde confère au texte une intemporalité surprenante. Patrick Rouzaud et Mahmoud Ktari sont parfaits dans leurs rôles, l’on est immédiatement embarqué dans cette histoire à la fois mystérieuse et rocambolesque.

Et si ce texte, a priori dramatique, était joué une seconde fois, de manière totalement différente…

 

Une mise en scène audacieuse et intelligente signée Patrick Rouzaud

 

Est-il vrai que les grenadiers de Napoléon allèrent en Espagne pour manger des pastèques? 

Si la première interprétation relevait du registre du drame, la seconde est quant à elle, jouée avec emphase. L’on est tout d’abord surpris de cet enchaînement original, puis l’on rit, tant l’exagération de ces deux personnages est magistralement interprétée. L’audace de la mise en scène réside pour partie dans cette interprétation biphasée mais aussi dans le fait de confier ces rôles à deux hommes. le caractère absurde du texte fait qu’il est possible de le jouer de multiples manières. On se souvient à cet égard de l’interprétation de Maria Pacôme et Micheline Presle en 1978 dans le décor d’une laverie.

Patrick Rouzaud et Mahmoud Ktari sont tantôt drôles, tantôt émouvants, faisant ressentir à leurs personnages et au public, une kyrielle de sentiments.

 

Deux comédiens de talent

 

Patrick Rouzaud (Madame de Crampon), est un acteur et metteur en scène français. Après le conservatoire d’art dramatique de Toulouse (1973-1976) où il obtient une mention de comédie, Patrick suit le cours de Janine Ferrare à Paris (1980-1988) avant de diriger la Compagnie Icare de Naples en 1984. Il est Jury des P’tits Molières depuis 2012 (L’association LesP’tits Molières, créée en 2011 par des professionnels du spectacle vivant, a pour mission d’organiser la cérémonie des P’tits Molières. Son objectif est de soutenir les petits théâtres parisiens de moins de cent places et les petites compagnies).

 

Mahmoud Ktari (Julie), formé à l’Atelier Théâtre du Quartier Latin, Mahmoud a fait ses premiers pas sur scène en 2008. D’abord en tant que simple passionné puis en tant que comédien confirmé en intégrant la Cie Icare de Naples et la Cie La Rieuse en 2012. En 2016, il fonde le Théâtre La Croisée des Chemins (Paris 15ème) qu’il dirige depuis. Il est à la fois président, administrateur, programmateur et diffuseur du lieu. N’hésitez pas à relire mon article sur la pièce Coupables de et avec Alexis Bloch, pièce dans laquelle Mahmoud Ktari jouait également.

 

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