Rapport pour une académie : Adaptation élégante et fluide.

February 1, 2019

(Source : Les Arts Mouvants)​

 

Quand à défaut de liberté l’issue est le moindre mal.
On connaissait l’écriture kafkaïenne, on découvre ce soir la poésie de Vincent Freulon. Son adaptation est élégante, fluide.

Capturé au Ghana, notre spécimen est enfermé dans une cage. Si sa condition de singe ne le réduit qu’à l’enfermement, alors soit, il ne sera plus un singe, et deviendra un homme. Seule issue désormais possible.
La liberté, à quoi bon rêver trop grand et à quoi bon la liberté. Singe il a pu la connaître, homme elle n’est que duperie.
Fuir ? Ce serait la mort assurée.
La solution : nous singer : cracher, fumer, et surtout s’alcooliser .
S’il imite les hommes ce n’est que pour s’en sortir, pas par admiration.

Sont alors projetées des images d’archives de l’exposition coloniale.
La leçon est claire, le rapport implacable.

Déraciné de sa vie de singe depuis 5 ans, dans sa loge d’artiste, le singe nous fait la leçon. La leçon de son assimilation . Plaire, intégrer les codes de cette société pour espérer trouver une issue dans ce monde occidental.
Khadija El Mahdi ne s’y est pas trompée. Elle met en scène la différence, l’acculturation et nous donne à voir l’envers du décor dans cette loge de singe savant.

Cette adaptation du Rapport pour une académie de Kafka colle comme une évidence à la sensibilité de Mahmoud Ktari . Le message passe, sans violence, sans haine. Son jeu enjoué et engagé nous ouvre les portes d'un grand texte .

Khadija El Mahdi nous entraîne dans l’histoire, notre histoire , celle de l'intégration. Celle de la domination culturelle . 
On sort grandi de cette farce amère et tellement d'actualité.

 

SoFie (Les Arts Mouvants)

 

En savoir plus :

- Fiche du spectacle

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